Sayat Nova – Quelques poèmes et pensées – Introduction
Par M. ARSENIAN
Depuis les temps historiques les plus reculés les peuples de Transcaucasie cultivaient un genre folklorique qui consistait en poèmes chantés aux sons des instruments à cordes d’origine locale comme le kemantcha, le saz, le santhour, etc.
Les «Achoughs» qui cultivaient ce mode d’expression, à l’instar des troubadours ou des ménestrels, composaient et chantaient eux-mêmes leurs poèmes devant les cours princières et parmi toutes les couches sociales de leur époque.
SAYAT NOVA est l’un des plus illustres représentants, sans conteste le plus illustre, de cette lignée d’achoughs qui se perpétue jusqu’à nos jours.
Né en 1712 au cœur du quartier populaire «Havlabar» de Tiflis, SAYAT NOVA a pu, grâce à son talent, à ses contacts suivis avec toutes les couches de ce véritable puzzle de communautés nationales qu’était la Transcaucasie, et surtout grâce à une extrême sensibilité vis-à-vis de tous les problèmes qui agitaient la société féodale de son époque, parcourir le long chemin séparant la condition de roturier dans laquelle il était né, de celle de poète et chanteur attitré auprès de cours princières.
Source : Sayat Nova – Editions Astrid – 1977