Archag Tchobanian, inspirateur du mouvement arménophile

Par Jean-Claude KEBABDJIAN

II – L’œuvre littéraire

Un héritage utilisable ?

L’œuvre littéraire de Tchobanian, tant en langue arménienne qu’en langue française, se décompose en deux parties : ses créations propres, poèmes de facture symboliste, qu’il rédigera dans une langue ou dans l’autre – et que parfois il traduira – et un ensemble considérable de traductions de l’immense patrimoine de poésies et de chants qui semble le mieux caractériser l’activité et la production littéraires des Arméniens du Moyen Âge à la fin du XIXe siècle. Il sera également, sans interruption de 1895 à sa mort, le plus efficace propagandiste, non seulement de la cause arménienne, pendant toutes ces décennies d’effroyable tourmente, mais également et peut-être plus profondément encore de la civilisation ; en fait du génie créateur et des qualités spécifiques de foi et de ténacité que, de concert avec tous les arménistes et philarmènes de son époque, il décèle dans les chefs-d’œuvre de ces prédécesseurs illustres ou anonymes.

La critique unanime lui donnera raison et à toutes les étapes de sa carrière le couvrira d’éloges pour l’ensemble de son œuvre comme pour son activité de découvreur, de présentateur et de traducteur des joyaux qu’il met, pour la première fois, à la portée du public français.

Source : Ani – Cahiers Arméniens n°4 – juin 1988